galerie denise rené
galerie denise rené

 

 

wolfram ullrich

du 29 mars au 19 mai 2018

 

La galerie denise rené est heureuse de présenter une nouvelle exposition personnelle de Wolfram Ullrich. À cette occasion, l’artiste allemand expose un ensemble inédit de reliefs.


Profondément ancré dans l’abstraction géométrique, l’univers créatif de Wolfram Ullrich entretient depuis l’origine une puissante relation avec l’art cinétique et les effets dynamiques du trompe-l’œil. Pour cet artiste allemand, son travail s’inscrit dans l’héritage des précurseurs exposés à la galerie denise rené en 1955 puis au MoMA en 1965 avec l’expositon The Responsive Eye. Ces deux évènements apparaissent comme  d’incontestables références. Ullrich tire toutes les conséquences des principes plastiques posés par Victor Vasarely ou Bridget Riley en utilisant des éléments géométriques tridimensionnels : chez lui, le plan se transforme en relief et l’œuvre devient une sculpture murale. Le nouvel univers ainsi créé par Ullrich n’est plus fondé sur un simple effet visuel mais sur une transformation radicale de la perception de l’espace qui intègre désormais la position et les déplacements du spectateur comme autant de variables constitutives de l’œuvre.

L’intelligence, parfois légèrement irritante, avec laquelle Ullrich ordonne ses modules d’acier selon un dispositif propre à créer l’illusion, modifie totalement la perception de l’œuvre: d’abord tenté de considérer chaque élément comme une image isolée dont le point de fuite – créé par l’œil du spectateur lui-même – est toujours placé devant lui, le moindre déplacement le fait basculer dans une appréhension globale de l’œuvre qui vient bouleverser ses repères spatiaux.


C’est cette direction qu’Ullrich approfondit particulièrement dans ses recherches récentes, dans les pièces murales segmentées où il explore l’ambivalence de perception entre la forme globale et ses éléments constitutifs, et où il joue sur les incohérences de perspective qui se déploient au fur et à mesure de l’observation. Cette tension entre la rigueur formelle de son travail et l’irrationalité des effets perceptifs engendrés est l’une des marques de l’artiste. 


La précision des formes et la densité des coloris des nouveaux reliefs qu’il a conçus, losanges sur des base trapézoïdales ou ellipses sur des bases ovales, sont particulièrement séduisantes. La face des éléments est revêtue d’une peinture monochrome mate qui contraste avec leur tranche en acier brillant et vient en renforcer le caractère équivoque. Ullrich parvient à repousser simultanément l’ombre, renvoyée loin derrière, et les éléments qui semblent presque redevenir bidimensionnels. Si l’on modifie graduellement l’angle de vision, les reliefs paraissent subir une distorsion. Selon le point de vue d’où on les observe, ils se fraient un chemin à l’intérieur ou à l’extérieur du mur qui les supporte, semblant s’incliner et s’amollir, pour  finir par renoncer à la pesanteur. L’extrême rigueur formelle de leur exécution, en ouvrant des perspectives inhabituelles et des dynamiques imprévues, contribue encore à augmenter cet effet d’indétermination.

 

L’illusion de la profondeur se modifie au gré du déplacement du spectateur: pour lui, le changement est permanent, les directions semblent s’inverser, il est désorienté. Avec leurs formes différenciées, leurs puissantes couleurs monochromes et leurs variations de perspective, les œuvres dialoguent entre elles, prennent possession de l’espace et engendrent de nouvelles compositions oscillant entre ce qui est réellement visible et la pure illusion optique. Le rationalisme de l’art concret renforce l’attraction née de l’illusion. Dans cette tension entre les antagonismes se déploie tout l’art de Wolfram Ullrich.

 

 

Michèle Meyer

 

communiqué de presse
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