galerie denise rené
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Victor Vasarely

une aventure de 75 ans chez denise rené

 

Du 24 janvier au 11 mai 2019

Rive Gauche

 

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Au moment où, au centre Georges Pompidou, le musée national d’art moderne s’apprête à consacrer une importante rétrospective au célèbre plasticien d’origine hongroise qui a incarné comme probablement aucun autre artiste avant lui l’imaginaire de son époque et l’idée de modernité, la galerie denise rené a choisi de revenir sur le lien si particulier l’unissant à un artiste majeur du 20esiècle dont la carrière débute avec la fondation même de la galerie, en 1944. Pour illustrer ce qui, dès l’origine, est une véritable communauté de destin entre un artiste et sa galerie, mêlant étroitement l’engagement dans une aventure artistique, pari sur l’avenir et complicité personnelle, l’exposition présente une sélection d’œuvres de la période initiale au cours de laquelle s’est bâtie la carrière artistique de Victor Vasarely en même temps que la galerie s’imposait comme la représentante de l’art abstrait construit, depuis les toutes premières expositions à la fin de la 2eG.M. jusqu’à l’invention de l’Op art et la consécration internationale consécutive à l’exposition « The Responsive Eye »au Moma en 1965.

 

 

En juillet 1944, la toute jeune galerie denise rené ouvre, au deuxième étage du 124 rue La Boétie, avec une exposition inaugurale qui présente pour la première fois les Dessins et compositions graphiques de Victor Vasarely. C’est le début d’une aventure commune qui va profondément marquer l’histoire de l’art de la seconde moitié du 20esiècle. 

L’histoire est connue : la rencontre à Noël 1939, au café de Flore, entre la jeune femme liée au milieu artistique et au mouvement surréaliste et le séduisant graphiste hongrois venu s’installer à Paris en 1930 ; le rôle de l’atelier de la rue La Boétie où Denise et sa sœur Lucienne produisent articles de mode et objets décoratifs pour les boutiques de luxe, servant pendant l’Occupation de bouée de secours aux jeunes membres issus du groupe Octobre des frères Prévert – dont un certain Mouloudji – et hébergeant en 1943 une réunion du Conseil National de la Résistance ; la transformation du local en galerie d’art dans l’effervescence du Paris de la Libération et l’affirmation progressive d’une identité artistique, celle de l’art abstrait construit, que l’artiste et sa galerie vont, ensemble, construire et incarner.

 

L’exposition donne à voir, à travers une douzaine d’œuvres soigneusement choisies entre la fin des années quarante et le milieu des années soixante, les étapes de la construction de l’identité artistique de Victor Vasarely, né en 1906 à Pecs et formé au Mühely de Budapest, le Bauhaus hongrois, et qui depuis son installation à Paris en 1930, intervient comme graphiste pour de grandes agences de publicité, activité qui sera déterminante dans son orientation artistique.

Si ses premières tentatives artistiques sont encore sous influence du cubisme, du futurisme et du surréalisme, Vasarely va rapidement trouver son style et s’engager dans l’abstraction dès 1947 avec les œuvres de la période Belle Isle,caractérisées par des formes biomorphiques aux contours nets, peintes en aplat, et une palette graphique souvent limitées à deux couleurs. 

Denfertle cycle suivant, concilie les formes souples et des combinaisons colorées raffinées et plus étendues, tendances qui vont s’affirmer et se développer au cours des périodes Gordeset Cristal (1948-1958) où se dégage un style véritablement personnel, fondé sur la clarté de la construction et l’équilibre engendré par les verticales et les horizontales, avec des surfaces mates nettement délimitées et des couleurs harmonisées autour d’une dominante. Les formes s’organisent en plages de couleurs contrastées posées en aplat et l’artiste expérimente dans les œuvres de cette époque toute la force de la composition pure.

Vasarely, qui s’affirme comme le chef de file auquel se référent les artistes de la nouvelle génération de l’abstraction, est alors le principal animateur d’une tendance qui s’expose en groupe dans des manifestations internationales, comme Klar Formen 1951 en Scandinavie. Il épure son style vers des formes simplifiées et des arrangements rigoureux, et comme l’analyse Serge Lemoine, « des couleurs réduites au blanc, au noir, et au gris et la composition en forme de diptyque, ramenée à un rapport entre des figures géométriques qui se répondent à partir du losange et du carré et des contrastes entre le noir et le blanc ». 

L’artiste renoue avec les enseignements du Bauhaus et les études graphiques de ses débuts, et se concentre dès lors sur l’usage du noir et du blanc, privilégiant le jeu des lignes parallèles dont il fait varier l’épaisseur, installant sur toute la surface de la toile des structures rythmées par la tension entre horizontales et verticales dont la confrontation et le croisement engendrent des vibrations optiques et provoquent des effets cinétiques.

Son leadership et la réelle autorité qu’il exerce sur les artistes de sa génération se manifestent avec la publication du Manifeste jauneet l’organisation à la galerie denise rené en 1955 de l’exposition Le Mouvement, acte fondateur du cinétisme, célébrant autour de Calder, Duchamp et de jeunes artistes comme Pol Bury, Agam, Tinguely, Soto ou Jacobsen, une « nouvelle beauté plastique mouvante et émouvante »qui va s’imposer à partir de 1960 comme un courant artistique majeur du 20esiècle.

Le succès de Vasarely s’amplifie grâce aux nombreuses expositions personnelles que la galerie organise dans les musées et les manifestations culturelles importantes d’Europe et d’Amérique latine, et sa participation à l’exposition The Responsive Eye au Moma à New York en 1965, le consacre aux yeux du monde comme l’inventeur de l’Op art.

 

Le développement de son univers plastique passera par un retour à la couleur et la conception d’un alphabet plastique, méthode combinatoire de formes géométrique élémentaires – cercle/carré/losange – et d’une gamme chromatique extrêmement étendue permettant à l’artiste des déclinaisons infinies formes/couleurs qu’il utilisera notamment dans les œuvres du Folklore planétaire et qui donneront lieu à des interventions artistiques diversifiées, depuis les éditions d’œuvres multiples développées avec la galerie denise rené dans un objectif de démocratisation de l’art contemporain, jusqu’à l’architecture (construction de la cité universitaire de Caracas au Vénézuéla en 1954, multiples commandes d’intégrations artistiques à des bâtiments publics, à Essen, Montpellier, exposition universelle de Montréal, jeux olympiques de Grenoble, université Jussieu, gare Montparnasse ou station RTL à Paris), qu’il considère comme l’occasion de mettre en œuvre sa conception de la synthèse des arts.

 

Au faîte de la notoriété, artiste omniprésent et consacré cumulant prix et distinctions, multipliant les publications et les interventions, Vasarely deviendra, comme aucun artiste sans doute avant lui, un personnage officiel célébré et une icône de la modernité dont les œuvres hyper médiatisées seront partout diffusées et investiront l’espace urbain et l’univers de la mode, de la publicité, du design… 

Après le musée didactique de Gordes et la fondation d’Aix en Provence qu’ils a lui-même financés et créés, son pays natal lui a consacré deux musée, en 1976 à Pecs, et en 1987 à Budapest. 

 

 

 

 

 

 

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